
Je n'ose pas dire non : comprendre sa difficulté à s'affirmer

Marion Tomasini
Psychopraticienne · Bouray-sur-Juine
Quand le « oui » sort avant même d'avoir réfléchi
Un collègue vous demande de rester plus tard. Une amie sollicite un service de plus. Un proche attend une réponse, et le « oui » est déjà sorti. Viennent ensuite la fatigue, parfois l'agacement, et cette impression de ne pas avoir été fidèle à ce que vous ressentiez.
Cette scène est plus courante qu'on ne le croit. Dans mon cabinet à Bouray-sur-Juine, je rencontre régulièrement des personnes qui se reconnaissent dans ce réflexe, sans toujours savoir comment en parler.
Ce que vous pouvez remarquer au quotidien
- Une tension dans la gorge, le ventre ou les épaules au moment où la demande arrive
- Des justifications très longues lorsque vous parvenez à refuser
- Du ressassement après coup : « J'aurais dû dire autre chose »
- Le sentiment de ne plus savoir ce que vous voulez vraiment
- Une difficulté à demander de l'aide ou à recevoir quoi que ce soit en retour
- Une fatigue qui s'installe, sans toujours en comprendre l'origine
Ce qui peut se jouer derrière
Pour beaucoup de personnes, dire non est associé à la crainte de décevoir, d'être jugé, ou de fragiliser un lien auquel on tient. Certaines trouvent qu'elles ont appris très tôt que se rendre disponible était une façon d'avoir sa place auprès des autres.
Je reste prudente : il n'existe pas une cause unique, et chaque histoire est singulière. Ce que j'observe, en revanche, c'est que ce réflexe a souvent une logique, et qu'il a pu être utile à un moment de la vie.
Le « oui » automatique n'est pas un défaut de caractère. C'est souvent une manière de prendre soin du lien, parfois au prix de soi.
Prendre le temps de regarder cette logique, sans se juger, est déjà un premier pas pour y voir plus clair.
Ménager une pause avant de répondre : un exercice à essayer
Quand la demande arrive, le corps réagit vite. Ménager un petit espace entre la demande et la réponse peut contribuer à retrouver un peu de choix. Voici un exercice simple, que vous pouvez essayer dès aujourd'hui.
La pause de 40 secondes
- Installez-vous : posez les deux pieds à plat au sol, le dos soutenu, les épaules relâchées.
- Respirez : inspirez par le nez pendant 4 secondes, expirez lentement par la bouche pendant 6 secondes. Répétez 3 fois, soit environ 30 secondes.
- Écoutez votre corps pendant 10 secondes : sentez-vous plutôt une ouverture, une contraction, ou un flou ? Il n'y a pas de bonne réponse.
- Gagnez du temps avec une phrase d'attente, par exemple : « Je regarde mon agenda et je reviens vers vous ce soir. »
Si la situation ne permet pas de faire ces 40 secondes, retenez au moins la phrase d'attente. Elle suffit parfois à interrompre le réflexe.
Comment l'apprivoiser
- Commencez par des demandes à faible enjeu (un horaire, un choix de restaurant)
- Essayez une fois par jour pendant une semaine, sans chercher à « réussir »
- Notez ensuite, en une ligne, ce que vous avez ressenti
Certaines personnes trouvent que cette habitude les aide à mieux repérer ce qui se passe en elles. Si l'exercice fait monter une émotion forte ou vous met en difficulté, ne vous forcez pas et parlez-en à un professionnel.
Ce qu'un accompagnement peut apporter
En séance, je vous écoute sans jugement et sans vous dire ce que vous devriez faire. Nous explorons ensemble des situations concrètes : à quels moments le « oui » s'impose, ce qu'il protège, ce que vous éprouvez juste après.
L'objectif n'est pas de vous transformer, mais de vous offrir un espace pour mettre des mots sur ce qui se vit. Je ne pose pas de diagnostic et je ne promets aucun résultat : chacun avance à son rythme.
Quand consulter ?
Vous n'avez pas besoin d'attendre que tout devienne insupportable pour en parler. Un accompagnement peut être envisagé dès que cette difficulté commence à peser.
Vous vous reconnaissez peut-être si :
- vous acceptez régulièrement des choses que vous n'avez pas envie de faire, puis vous en voulez à vous-même
- vous ressentez de la culpabilité à la simple idée de refuser
- vous vous sentez épuisé par les sollicitations de votre entourage ou de votre travail
- vous avez le sentiment de ne plus avoir de place pour vos propres besoins
- vous évitez certaines personnes ou situations pour ne pas avoir à dire non
Si vous vous retrouvez dans l'une de ces situations, un premier rendez-vous peut vous permettre d'en parler dans un cadre bienveillant, à Bouray-sur-Juine ou en échangeant d'abord avec moi pour voir si cela vous convient.
Si vous traversez une période de grande détresse, de tristesse persistante ou de symptômes qui vous inquiètent, il est recommandé de consulter un médecin ou un autre professionnel de santé qualifié. Mon accompagnement ne se substitue pas à un suivi médical, il est complémentaire.
A bientôt!
